Fondation Merieux

Une fondation familiale dédiée à la lutte contre les maladies infectieuses

Améliorer la santé et la formation dans les pays en développement

3 janvier 2008, Lyon (France)

Améliorer la santé et la formation dans les pays en développement

Discussion autour des objectifs du millénaire

  • Quelles priorités en terme de politiques de santé pour améliorer l'accès aux produits de santé fiables ?

  • Quelles formations pour répondre aux besoins de renforcement des compétences locales ? Comment améliorer le cadre de travail pour le personnel de santé et limiter la « fuite des cerveaux » ?

  • Comment valoriser les résultats des initiatives centrées sur la santé des femmes pour que toute la population bénéficie de progrès en santé publique ?

Toutes ces grandes questions ont été largement débattues lors du colloque « Santé et Formation : quel enjeux pour les pays en développement ? »

Organisée le 3 décembre 2007 à Lyon par la Fondation Mérieux en l'honneur du centenaire de son fondateur, cette journée s'est articulée autour d'une phrase clé du Docteur Charles Mérieux : « Santé et Formation sont les bases indispensables à tout développement individuel et collectif ».

Venus pour certains de pays en développement, plus de trois cent personnes ont assisté au colloque. Des personnalités telles que Philippe Couillard (Ministre de la Santé et des Services Sociaux du Québec), Jean-Michel Sévérino (Directeur Général de l'Association Française de Développement), Michèle Boccoz (Directrice de l'International Finance Facility for Immunization Company), Jean William Pape (Fondateur du Centre GHESKIO en Haïti), ou encore Jean-Baptiste Richardier (Fondateur d'Handicap International), ont apporté leur témoignages et participé aux débats avec le public.

Le colloque proposait trois ateliers de travail avec les thèmes de réflexion suivants : « L'accès aux diagnostics et médicaments fiables : quels enjeux pour les pays en développement ? », « Quelles formations des personnels de santé pour atteindre les objectifs du Millénaire ? » et « Rôle des femmes dans le développement et la santé : bilan et perspectives ».

L'accès aux diagnostics et médicaments fiables : quels enjeux pour les pays en développement ?

Améliorer l'accès à des soins, des médicaments et aux diagnostics de qualité, c'est possible. La preuve en est des deux projets menés en Haïti par le centre GHESKIO et au Mali par la Fondation Mérieux.

Le professeur Jean William Pape, fondateur de GHESKIO, a témoigné de la création d'un programme de lutte contre le VIH en Haïti avec la mise en place de formations pour le personnel médical et la population, d'équipes médicales mobiles intervenant sur le terrain, du développement d'un test rapide de dépistage peu coûteux, d'un accès pour déjà 7 000 malades aux traitements antirétroviraux.

Youssouf Issabré, Directeur de la Fondation Mérieux au Mali a expliqué la création du centre Charles Mérieux à Bamako, centre aux multiples activités d'analyses médicales, de formation de biologistes, de mise en réseau des laboratoires du pays.

Ces témoignages ont été le point de départ pour l'exploration de plusieurs pistes pour améliorer l'accès aux produits de santé de qualité dans des pays où, d'après l'OMS, près de 25% des médicaments sont contrefaits. Il s'avère primordial de continuer à développer des partenariats internationaux pour venir en aide à ces pays, ainsi que d'inciter les gouvernements à dégager plus de moyens pour leurs programmes de santé ou encore à renforcer les systèmes de contrôle de la qualité. Une autre voie d'amélioration serait d'impulser la production dans les pays en développement de médicaments et de génériques qui seraient alors moins chers.

Cet atelier a mis en exergue l'importance de renforcer les capacités de diagnostic dans les pays en développement, parallèlement à toutes les initiatives en faveur de l'accès aux médicaments.

Quelles formations des personnels de santé pour atteindre les objectifs du Millénaire ?

En guise de préambule à cet atelier, le Professeur André Capron, membre de l'Académie des sciences, a pointé les faiblesses des formations de santé réalisées dans les pays en dévelop

Le Professeur Stoeckel, président de l'Association de Médecine Préventive, a relaté l'action du Docteur Charles Mérieux dans la création de cours d'épidémiologie pratique, car le Docteur savait que créer et distribuer des vaccins ne suffisait pas, il fallait pouvoir disposer de résultats de qualité afin de juger de la pertinence des effets de la vaccination.
Madame Lardy, présidente de Bioforce Développement, a également rapporté la création de l'Institut qu'elle dirige, afin d'offrir aux pays en développement un centre de formation de référence pour les métiers de « support des opérations ».

Le Professeur Sidiki Cissé du Ministère de la Santé du Mali a expliqué comment dans son pays un effort particulier est apporté à la tenue de formation continue par compétence, pour pallier au décalage entre ce que le personnel de santé a appris en formation théorique et la réalité de terrain.

Au terme des débats de cet atelier, sont ressorties les idées clés suivantes : Il faut réfléchir, lors de leur conception, à créer des formations diversifiées, complémentaires et pragmatiques (fidèles au cadre économique, social et culturel). Il est également primordial d'accompagner les formations initiales d'autres formations permettant une mise à jour des pratiques et des connaissances en lien avec la réalité du terrain. Aussi, afin d'empêcher la fuite du personnel formé, il s'avère indispensable de leur donner les moyens d'exercer leurs métiers dans des conditions adéquates.

Rôle des femmes dans le développement et la santé : bilan et perspectives

La santé des femmes agit sur leur bien-être individuel ainsi que sur celui de leur famille, est en lien avec leur rôle de citoyennes et joue un rôle essentiel dans leur contribution au développement humain et économique : c'est ce qu'a expliqué le Professeur Hélène Delisle, directrice de Transnut (département de recherche sur la transition nutritionnelle et le développement), en introduction de cet atelier.

Malgré ces rôles importants, des inégalités persistent au niveau de la santé entre hommes et femmes, des inégalités accentuées maintenant par la transition nutritionnelle qui fait que les femmes des pays en développement, touchées par les problèmes de carences alimentaires, sont maintenant également affectées par des problèmes d'obésité ! Un double fardeau qui a des répercussions sur la population entière : la malnutrition maternelle prédispose les enfants à des maladies chroniques.

Pourquoi ces inégalités de genre persistent ? Pour Madame Bilkis Vissandgee de la faculté des Sciences Infirmières de Montréal : principalement car il est extrêmement difficile de mettre en évidence de manière quantitative et qualitative l'importance du travail, notamment domestique, des femmes dans l'amélioration de la santé et le développement.

Le directeur du Centre d'Etude et de Coopération Internationale (CECI), Michel Chaurette, a ensuite expliqué au travers de différents projets déjà réalisés, comment en améliorant la situation des femmes, toute une population se développe et accède à un meilleur état de santé.

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