Fondation Merieux

Une fondation familiale dédiée à la lutte contre les maladies infectieuses

La Fondation Mérieux promeut la lutte contre les maladies tropicales négligées

9 octobre 2008, Bamako (Mail)

« Il s'agit d'une initiative très innovante et très utile », analyse Marycelin Baba, participante nigériane à la Conférence sur les Maladies Tropicales Négligées (MTN) qui s'est tenue à Bamako, au Centre Charles Mérieux, du 25 au 27 septembre dernier.

La Fondation Mérieux promeut la lutte contre les maladies tropicales négligées

La Conférence sur les Maladies Tropicales Négligées (MTN), au Centre Charles Mérieux à Bamako (Mali)

En partenariat avec les Fondations Calouste Gulbenkian (Portugal), Nuffield (Grande-Bretagne) et Volkswagen (Allemagne)

Cet enthousiasme unanime témoigne des nombreux intérêts de cet événement, tout comme d'ailleurs la participation, parmi les 70 inscrits, d'éminents représentants nationaux et internationaux de la santé dont Mr Oumar Touré, Ministre malien de la Santé, qui a accordé son patronage et participé à la cérémonie d'ouverture, mais aussi le Dr Julie Jacobson de la Fondation Bill & Melinda Gates ou le Dr Michael Chew du Wellcome Trust.

Organisée conjointement par les Fondations Calouste Gulbenkian (Portugal), Mérieux (France), Nuffield (Grande-Bretagne), et Volkswagen (Allemagne), la Conférence sur les MTN a répondu à d'impérieux besoins de la communauté scientifique subsaharienne. En tout premier lieu par sa localisation, au Centre Charles Mérieux à Bamako, au Mali, zone endémique de nombre de ces MTN. Par son objet principal, celui d'attribuer des bourses postdoctorales aux scientifiques africains pour des projets de recherche menés sur le continent, à destination des populations locales. Mais également par les activités qui ont émaillé ces trois jours : des allocutions majeures, données par les plus grands spécialistes des maladies tropicales négligées, comme le Pr David Molyneux, de la Liverpool School of Tropical Medicine, ou encore le Dr Michael Parkhouse, du Gulbenkian Institute, mais aussi des workshops, dont les thèmes ont été choisis pour leur efficience. Introduits par un ou plusieurs experts du secteur, ils étaient ensuite soumis à la réflexion des participants qui en ont tous tiré un bénéfice immédiat pour la pratique quotidienne de leur mission. Ainsi, Richard Philipps, participant ghanéen travaillant sur l'ulcère de Buruli a reconnu avec enthousiasme la grande utilité d'un atelier sur la rédaction d'un projet de recherche de qualité, « domaine sur lequel il est important d'avoir des clés, particulièrement dans nos pathologies, peu financées ». Ethique et définition de priorités de financement dans le domaine de la recherche sur les MTN en Afrique étaient également au programme des deux autres journées. Une publication éditée conjointement par la Commission Européenne et les quatre Fondations reprendra les conclusions de ces ateliers. Enfin, tous les participants ont salué la possibilité ainsi offerte de se rencontrer et ont appelé de leurs vœux la création d'un réseau continental de chercheurs sur les maladies négligées.

Le plus grand succès de ces quatre Fondations aura donc été de mettre en lumière un secteur désœuvré et qui attire peu de bailleurs. Les postdoctorants ayant soumis un projet de recherche au jury travaillent tous sur une ou plusieurs de ces quatorze pathologies négligées par la communauté internationale et les financeurs, mais qui laissent peu de répit aux populations locales. Leishmaniose, onchocercose, filariose lymphatique, schistosomiase, trypanosomiase sont autant de maladies dont la mortalité est faible, mais la morbidité particulièrement élevée, puisqu'elles touchent plus d'un milliard de personnes. Si elles ne causent pas, comme la malaria, la tuberculose et le sida, des millions de décès et la prise de conscience internationale inhérente, elles sont toutefois particulièrement invalidantes et contribuent à la persistance d'un cycle de pauvreté. Les maitriser représente une réelle opportunité de développement.

Les postdoctorants choisis se verront attribuer, suite aux interviews conduites à Bamako et après délibération, des bourses de trois années de 100 000 à 150 000 euros, pour un budget global de 2 millions d'euros, qui leur permettront de mener des recherches aux applications concrètes et locales.

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