Fondation Merieux

Une fondation familiale dédiée à la lutte contre les maladies infectieuses

Le colloque sur la Fièvre Typhoïde : un premier pas vers l’élaboration de recommandations mondiales de vaccination

22 avril 2007, Annecy (France)

Une bactérie nommée « Salmonella Typhi »

La fièvre typhoïde est une maladie qui se transmet par ingestion d'aliments ou de liquides contaminés par une bactérie, la Salmonella Typhi. Une fièvre prolongée se déclare et s'accompagne de douleurs abdominales, de malaises et de vomissements. En l'absence d'un diagnostic correct et de soins, cette infection peut dégénérer en septicémie puis coma et peut entraîner le décès du malade.

Poser les premières bases de développement d'une stratégie mondiale de vaccination contre la fièvre typhoïde, tel a été le travail accompli lors du colloque international « la fièvre typhoïde, une maladie sous estimée dans les pays en développement : vers sa prévention vaccinale ». Organisée en étroite collaboration avec l'IVI par la Fondation Mérieux dans son centre de conférence « Les Pensières » (Veyrier du Lac), cette réunion a rassemblé durant 3 jours, du 2 au 4 avril 2007, une soixantaine d'experts internationaux : vaccinologistes, immunologistes, épidémiologistes ; producteurs de vaccins (américains, européens, asiatiques, africains) ; représentants de l'OMS, de la FDA, du GAVI et de la Fondation Bill and Melinda Gates. Ce colloque a été subventionné par plusieurs partenaires de la Fondation Mérieux tels que Sanofi Pasteur, Merck and Co Inc, GlaxoSmithKline APAJH et de l'IVI de Corée.

Responsable de 300 000 à 400 000 décès par an, la fièvre typhoïde touche en particulier les enfants et les adolescents de 2 à 19 ans. Cette infection fait autant de morts que le cancer cervical (col de l'utérus) et même plus que la méningite ou l'encéphalite japonaise. La lutte contre ces trois pathologies figurent parmi les priorités de l'OMS ; pas la fièvre typhoïde ! Pourtant, elle reste une maladie grave dans les pays en développement.

Grâce à l'amélioration de l'hygiène, l'accès à l'eau potable et la construction de systèmes d'égouts de qualité, la fièvre typhoïde a disparu des pays développés. Seulement, ces mesures de prévention, extrêmement efficaces, sont difficiles à mettre en œuvre dans les pays en développement car elles coûtent très chères. De plus, depuis une dizaine d'années, apparaissent dans ces régions des souches de Salmonella Typhi – responsables de la fièvre typhoïde – multi-résistantes aux antibiotiques. Difficile alors de mettre en place des traitements efficaces et ces souches sont régulièrement à l'origine d'épidémies comme au Tadjikistan en 1997. Ainsi, la vaccination semble être actuellement la meilleure solution de lutte contre la fièvre typhoïde dans les pays en développement.

Développer une stratégie globale de vaccination

C'est avec la volonté de commencer à développer une stratégie globale de contrôle de cette pathologie par la vaccination, que se sont réunis aux Pensières sous l'impulsion de la Fondation Mérieux, des experts internationaux.

Certains pays comme l'Indonésie, la Chine et le Vietnam ont déjà utilisé avec succès la vaccination contre l'infection typhoïde lors de situations d'épidémies, de catastrophes naturelles ou encore pour protéger des enfants dans certaines écoles. Ces résultats ont été présentés et discutés lors du colloque. Les conclusions des experts : la meilleure approche serait de vacciner les enfants en âge d'aller à l'école. En effet, pour être efficace, une vaccination doit concerner le plus grand nombre possible d'individus dans la tranche d'âge la plus touchée par la maladie. En l'occurrence, pour la fièvre typhoïde, il s'agit des enfants et des adolescents. Cette vaccination pourrait être réalisée avec l'un des deux vaccins disponibles qui ont une efficacité de 70%. L'un est administré par injection d'une dose unique, l'autre par voie orale en trois prises à deux jours d'intervalle. La protection est obtenue sous 7 à 10 jours.

Le groupe d'experts a également évalué le coût de la vaccination : 0,45 Euro par personne ! Une dépense minime comparée aux frais d'arrêt maladie, d'hospitalisation et de traitement pour soigner un malade de la fièvre typhoïde. Ce faible coût devrait donc être un élément de motivation pour la mise en place d'une politique globale de vaccination dans les pays en développement.

Fort de ces conclusions, l'OMS envisage d'organiser une nouvelle rencontre au mois de septembre pour rédiger des recommandations en matière de vaccination. Elles seront adressées aux responsables politiques des pays concernés par le fléau de la fièvre typhoïde.

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