
Cette rencontre marque une étape clé dans le renforcement de la lutte contre la tuberculose en favorisant une approche intégrée réunissant les secteurs de la santé humaine, animale et environnementale. L’ambition est de construire un système national capable de mieux détecter, comprendre et surveiller la circulation des mycobactéries afin d’éclairer les décisions de santé publique et de renforcer la résilience sanitaire du pays.
Une réponse coordonnée à un enjeu majeur de santé publique
Malgré les progrès réalisés, Madagascar reste fortement touché par la tuberculose. Les défis liés au diagnostic précoce, à la détection des formes extrapulmonaires et pédiatriques, ainsi qu’au manque de données sur la tuberculose animale et environnementale soulignent la nécessité d’une approche multisectorielle.
Les échanges ont permis d’identifier plusieurs priorités stratégiques : le renforcement des capacités des laboratoires humains et vétérinaires, l’amélioration de la surveillance intégrée dans les régions prioritaires, le développement de systèmes d’information interopérables, le partage des données entre secteurs et le renforcement de la recherche opérationnelle.
Une feuille de route pour les prochaines années
Les participants ont validé les grandes orientations d’une feuille de route nationale visant notamment à :
- Développer un protocole national de surveillance intégrée multisectorielle de la tuberculose : pour le secteur santé animale, il a été identifié comme prioritaire le renforcement de la surveillance à l’abattoir et le dépistage en élevage dans les régions potentielles à l’exportation, pour le secteur environnement développer un protocole de recherche en vue de la mise en place du système de surveillance environnemental de la tuberculose,
- Renforcer les capacités diagnostiques, notamment en biologie moléculaire et en séquençage,
- Améliorer l’intégration et l’exploitation des données de surveillance,
- Promouvoir des recherches opérationnelles,
- Consolider les mécanismes de coordination entre institutions nationales et partenaires techniques et financiers.
À terme, cette démarche permettra de disposer de données plus complètes sur la circulation de la tuberculose entre les humains, les animaux et l’environnement, tout en renforçant la préparation du pays face aux menaces sanitaires émergentes.
L’expertise de la Fondation Mérieux au service de l’innovation
S’appuyant sur les acquis des projets APRECIT, APRECIT BIS et LAM4RO , la Fondation Mérieux accompagne depuis plusieurs années le renforcement des capacités de laboratoire et de surveillance à Madagascar.
Lors de l’atelier, Dr Jonathan Hoffmann, Directeur Partage de Connaissances et responsable du programme tuberculose de la Fondation Mérieux, a présenté les défis actuels du diagnostic de la tuberculose ainsi que les innovations susceptibles d’améliorer le dépistage précoce et l’orientation des patients.
« Le défi n’est pas uniquement de confirmer la maladie lorsqu’elle est déjà avancée. Il est aussi de mieux identifier les personnes à risque, de détecter les formes précoces et d’apporter aux professionnels de santé des outils simples leur permettant de prendre les bonnes décisions au bon moment », a souligné Jonathan Hoffmann.

Un engagement collectif pour une vision One Health durable
Présidée par Dr Razafimbia Vaoary, Coordinatrice de la plateforme One Health, la rencontre a permis d’aboutir à un consensus sur les actions prioritaires à mettre en œuvre.
« Cet atelier représente une étape importante pour Madagascar dans le renforcement de la lutte contre la tuberculose à travers l’approche One Health. Il a permis de réunir les acteurs de la santé humaine, animale et environnementale autour d’une vision commune et d’identifier des actions concrètes pour améliorer la surveillance, le diagnostic et le partage des données. La feuille de route élaborée constitue désormais un cadre stratégique pour renforcer les capacités nationales, produire des données probantes et soutenir une prise de décision fondée sur les évidences au bénéfice de la santé publique. » a-t-elle affirmé.
En rassemblant institutions publiques, communauté scientifique, partenaires techniques et financiers et acteurs du développement, cette initiative ouvre la voie à la mise en place d’un écosystème national de surveillance One Health capable d’améliorer durablement la lutte contre la tuberculose et de servir de modèle pour la gestion des futures menaces sanitaires à Madagascar.