
Organisé à Kinshasa du 16 au20 février 2026 et réunissant 13 participants issus de l’INRB de Kinshasa, de l’INRB de Goma, de l’Université de Kinshasa et de l’Université catholique de Bukavu, cet atelier de cinq jours a combiné formation technique, évaluation pratique des risques et sessions pédagogiques structurées. Les trois premiers jours ont porté sur les principes fondamentaux de la biosécurité, notamment l’évaluation des risques, la gestion des urgences, la sécurité physique, la fiabilité du personnel et la cybersécurité. À travers des scénarios pratiques ancrés dans le contexte des laboratoires congolais, les participants ont renforcé leur capacité à analyser les risques, à identifier les lacunes et à proposer des mesures d’atténuation adaptées.
Les deux derniers jours ont marqué la transition des participants du statut d’apprenants à celui de formateurs nationaux. Les participants ont reçu des conseils structurés sur les méthodes d’apprentissage pour adultes, la préparation des cours et l’utilisation d’outils pédagogiques standardisés. Travaux de groupe, simulations d’enseignement et retours entre pairs ont permis de consolider ces compétences. À l’issue de la formation, le premier noyau national de formateurs en biosécurité a vu le jour — une étape essentielle pour permettre aux laboratoires de tout le pays de reproduire et pérenniser de manière autonome les acquis de la formation.
La mission a également bénéficié de l’engagement significatif des autorités sanitaires nationales. Les visites du directeur général de l’INRB, le professeur J.J. Muyembe, et du directeur de la Direction des laboratoires de santé du ministère de la Santé, Justin Kinziangu Mawina, ont renforcé la pertinence institutionnelle de l’initiative. Leur présence a mis en évidence l’alignement entre les activités soutenues par CEPI et les priorités nationales, notamment en matière d’évaluation des risques, de préparation aux situations d’urgence et de gestion des matières biologiques sensibles.
Les participants ont démontré des progrès mesurables : tous ont amélioré leurs scores de connaissances entre le pré-test (minimum 39 % et maximum 78 %) et le post-test (minimum 60 % et maximum 98 %), plusieurs d’entre eux atteignant plus de 90 %. L’enquête de satisfaction a révélé une appréciation exceptionnellement élevée du contenu de la formation, de sa pertinence, de son interactivité et de l’expertise des formateurs. Les participants ont souligné l’urgence de renforcer la biosécurité en RDC et ont exprimé leur enthousiasme à l’idée de mettre en pratique les compétences nouvellement acquises au sein de leurs institutions.
Au-delà des résultats techniques et pédagogiques, l’atelier a favorisé l’établissement de liens significatifs entre les laboratoires, jetant ainsi les bases d’une communauté nationale de pratique en matière de biosécurité. Ce réseau émergent, renforcé par un accompagnement futur sur le terrain et des échanges continus, favorisera l’harmonisation des procédures, l’apprentissage entre pairs et une meilleure coordination entre les équipes de laboratoire et les autorités nationales.

La mission a donc dépassé le simple renforcement des compétences : elle a donné une impulsion à l’échelle nationale. En dotant le personnel de laboratoire de première ligne de capacités techniques et de formation, et en renforçant la collaboration avec le ministère de la Santé, CEPI et la Fondation Mérieux contribuent à la mise en place d’un système durable où la biosécurité devient une responsabilité partagée, intégrée dans la pratique quotidienne et soutenue par une communauté active œuvrant vers un même objectif : des laboratoires plus sûrs pour une RDC plus sûre.