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Lutte contre la résistance aux antimicrobiens en Arménie : le projet CAP4AMR dresse un bilan très positif et ouvre de nouvelles perspectives

2 juillet 2026

Armenie

Du 17 au 19 juin 2026, la Fondation Mérieux et ses partenaires se sont rendus en Arménie pour présenter aux autorités sanitaires les résultats finaux du projet CAP4AMR. Mené en partenariat avec les Hospices Civils de Lyon, ce projet, achevé fin juin 2026, visait à renforcer les capacités de diagnostic, les pratiques cliniques et le système national de laboratoires pour améliorer la lutte contre la résistance aux antimicrobiens (RAM), avec un focus particulier sur la prévention des infections périnatales.

Au cours de la mission à Erevan, la délégation du projet, composée d’une représentante de la Fondation Mérieux, et d’une infectiologue et d’une bactériologiste des Hospices Civils de Lyon, a rencontré les responsables du Centre national de contrôle et de prévention des maladies (National Center for Disease Control – NCDC).

Cette rencontre a permis de dresser un bilan des avancées réalisées et d’échanger sur les perspectives de pérennisation des acquis du projet. Les résultats de l’évaluation menée à l’aide du Laboratory Maturity Model (LMM), un outil destiné à accompagner l’amélioration continue des systèmes de laboratoires, ont été présentés. Les discussions ont également porté sur la modernisation en cours du réseau national de laboratoires, avec la mise en place progressive d’un système d’information de laboratoire (SIL) interconnecté. Cette évolution permettra aux cliniciens d’accéder directement aux résultats biologiques.

Les progrès mesurés sur le site pilote du laboratoire de Yeghegnadzor témoignent de l’impact direct du projet sur la prise en charge des patients :

  • Dépistage du Streptocoque du groupe B (SGB) : Facteur majeur de mortalité périnatale, le SGB a constitué l’un des axes prioritaires du projet. Au total, 200 dépistages ont été réalisés sur la période, contre seulement 131 en 2025. Le taux de détection est passé de 0 % à 11 %, s’alignant ainsi sur les standards internationaux et démontrant une amélioration significative de la qualité technique du laboratoire.
  • Diagnostics des infections urinaires : Cette activité a progressé de manière significative. En seulement quatre mois, le nombre de tests réalisés en 2026 a atteint celui enregistré sur l’ensemble de l’année 2025), traduisant une confiance accrue des médecins dans les analyses microbiologiques pour adapter leurs prescriptions d’antibiotiques.
  • Pratiques cliniques et formations : Le projet a également contribué à renforcer la collaboration entre cliniciens et microbiologistes, favorisant un usage plus rationnel des antibiotiques et une meilleure prise en charge des patients.

Une réussite saluée par le Dr Lena Nanushyan, Vice-ministre de la Santé d’Arménie, qui a souligné la contribution du projet à la réduction de la morbi-mortalité périnatale grâce à l’amélioration du dépistage du SGB.

 Au-delà des actions de terrain, le projet CAP4AMR a permis de réaliser une évaluation approfondie du système national de laboratoires arménien. Avec un score de maturité globale de 57%, l’analyse met en avant de solides points forts en matière de gouvernance, de ressources humaines et de biosécurité.

Pour poursuivre cette dynamique, des axes prioritaires ont été identifiés : le renforcement de la coordination nationale, la formalisation du réseau de laboratoires, la création d’une liste nationale des diagnostics essentiels et l’amélioration de la gestion des données.

Face au bilan positif du projet, les autorités sanitaires arméniennes et les partenaires ont exprimé leur volonté de poursuivre cette coopération. Les réflexions pour une future phase du programme s’orientent vers une approche « One Health » (Une seule santé), intégrant la surveillance de la résistance aux antimicrobiens dans l’environnement, notamment dans l’eau, et le partage des données vers les réseaux internationaux comme le système GLASS de l’OMS.

Des échanges sont actuellement initiés avec les bailleurs de fonds pour identifier les financements nécessaires à la mise en œuvre de ces nouvelles étapes, et poursuivre les efforts engagés dans la lutte contre la résistance aux antimicrobiens en Arménie.

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