
Crédits photos : Tsiory
Du mercredi au vendredi, la capitale malgache est devenue un carrefour de la recherche scientifique internationale. Organisée tous les dix-huit mois, la rencontre a rassemblé cette année plus de 80 chercheurs venus de 16 pays, qui ont partagé leurs travaux collaboratifs et préparé les projets futurs du réseau. L’enjeu de ces journées a dépassé la seule présentation de résultats : il s’agissait de confronter les approches et de construire des réponses communes face aux pathologies qui continuent de fragiliser les systèmes de santé, en particulier dans les pays à ressources limitées.
La cérémonie d’ouverture a réuni plusieurs personnalités, parmi lesquelles Arnaud Guillois, ambassadeur de France à Madagascar, A. Désiré Rakotoarimino, Directeur général de la Médecine préventive, Pr Arsène Ratsimbasoa, Directeur général de la Recherche scientifique, Pr Tojonirina Andriambinintsoa, Coordonnateur général de l’Université d’Antananarivo, Pr Luc Samison, Directeur du Centre d’Infectiologie Charles Mérieux de Madagascar, ainsi que Dorothée Lintner, Directrice Générale de la Fondation Mérieux.
Une première journée consacrée aux maladies tropicales négligées
La première journée de cette nouvelle édition a été dédiée à un symposium sur les maladies tropicales négligées, structuré autour de quatre sessions :
- Innovations en matière de diagnostic ;
- Innovations thérapeutiques ;
- Stratégies de santé publique ;
- Changement climatique et maladies tropicales négligées.
Derrière ces thématiques se profilent des maladies souvent silencieuses et oubliées, comme la lèpre ou la bilharziose, qui demeurent pourtant bien présentes. Le Pr Luc Samison, directeur du Centre d’Infectiologie Charles Mérieux, a ainsi rappelé qu’à Madagascar la lèpre touche encore environ 1 750 nouveaux cas chaque année, « alors qu’elle a disparu ailleurs ». Il a souligné la nécessité de continuer à améliorer le diagnostic, la prévention et la prise en charge de ces pathologies.

Deux journées d’échanges entre les membres du réseau
Les deuxième et troisième journées, réservées aux membres du Réseau GABRIEL, ont été consacrées aux grandes thématiques scientifiques développées au sein du réseau : la tuberculose, les maladies respiratoires aiguës, les pathogènes émergents et la résistance aux antimicrobiens (RAM). Le travail en réseau et les échanges entre les participants ont été facilités lors d’une session « posters », ainsi que par l’organisation d’ateliers, au cours desquels trois groupes de travail ont été invités à élaborer une proposition de projet collaboratif portant sur la RAM et l’approche « One Health ».
Un réseau tourné vers la relève scientifique
Au-delà des échanges entre laboratoires, la rencontre met en lumière une dimension essentielle pour l’avenir : la transmission. Le réseau GABRIEL consacre en effet une part importante de ses activités à la formation et à l’accompagnement des jeunes chercheurs.
À cette occasion, la 8e édition du « Prix GABRIEL des Jeunes chercheurs », créé pour soutenir le développement de carrière de jeunes scientifiques prometteurs du réseau, a récompensé deux jeunes scientifiques parmi cinq candidats présélectionnés pour la qualité de leurs travaux. Les deux lauréats, sont Étienne Yuh Jam du Centre Pasteur du Cameroun, pour ses recherches sur l’amélioration de la détection de la tuberculose latente et la prédiction de son évolution, et Victor Cabelho Passarelli de l’USP au Brésil, pour ses travaux sur l’antibiorésistance de Mycoplasma genitalium.
Pour Florence Pradel, responsable du pôle Résistance aux antimicrobiens (RAM) et du Réseau GABRIEL à la Fondation Mérieux, cette initiative va au-delà de la simple récompense : elle s’inscrit dans une dynamique de long terme visant à renforcer la recherche collaborative et à faire émerger une nouvelle génération de scientifiques capables de répondre aux défis sanitaires mondiaux.

Crédits photos : Tsiory